Glossaire [Chefs-d'oeuvre de la collection Grandidier]

Glossaire

C

Caille
Symbole bénéfique par homophonie entre son nom (an chun) et an ("vivre dans la tranquillité"). La caille est très souvent associés aux épis qui symbolisent la croissance et la fertilité, comprenant l’épanouissement de toutes les possibilités de l’être. Associée avec le chrysanthème pour représenter l’automne dans le décor "fleurs et oiseaux des quatre saisons", elle forme le décor à rébus anchun juhua, qui évoque de façon imagée, par un jeu sur l’homophonie de deux syllabes, l’expression "mener une vie paisible et prospère" (anju leye).

 

Camélia
Le camélia est un symbole du printemps et de son pouvoir régénérant.

 

Canard
Symbole de félicité, le canard est généralement représenté avec un lotus.

 

Canard mandarin
Espèce au plumage remarquable et présumée supérieure aux autres, elle est ainsi nommée « mandarin ». Vivant en couple, ces canards symbolisent la fidélité conjugale et représentent à ce titre la relation adéquate entre deux époux dans le décor dit des "cinq relations" (voir "Cinq relations").

 

Cannelier
Le cannelier, motif confucianniste, est lié au succès universitaire car il fleurit pendant la période où les étudiants passent leurs examens. Il est donc porteur de vœux de réussite aux examens.

 

Caractère fu
Caractère auspicieux signifiant "bonheur".

 

Caractère lu
Caractère auspicieux signifiant "émoluments" et par extension prospérité.

 

Caractère shou
Le caractère auspicieux shou ("longévité") exprime un souhait majeur en Chine. Généralement représenté sous sa forme sigillaire, il constitue un motif récurrent sur les céramiques, souvent associé au taoïsme.

 

Carpe et dragon
Connu sous le nom de "carpe sautant la porte du dragon" (li yu tiao long men), ce motif représente une carpe et un dragon parmi de hautes vagues. Il fut inspiré par une légende liée aux falaises qui bordent le Fleuve Jaune (Huanghe) au nord-ouest de Hejin, dans la province de Shanxi : rapprochées l’une de l’autre, elles évoquent une porte magistrale et sont de ce fait appelée "Porte du dragon". Le cours du fleuve est à cet endroit rapide et tumultueux et selon la légende, très difficile à remonter pour les poissons ; ceux qui y arrivaient étaient gratifiés du titre de "dragon" (long). Aussi, la carpe devenant dragon est-elle rapprochée de l’homme de la rue qui parvient par lui-même à gravir les échelons de la société et obtenir un haut poste.
Egalement connu sous le nom de yu hua long ou yu long bian hua tu ("la carpe se transformant en dragon"), ce motif fut particulièrement populaire sous le règne Kangxi (1662-1722) de la dynastie Qing.

 

Carpe 
Ce poisson est symbole de richesse car sa dénomination en chinois est homophone de profit, d’abondance. Du fait de sa ténacité à remonter les courants d’eau les plus forts, elle peut aussi évoquer les étudiants luttant pour préparer un examen et à ce titre constitue un vœu de réussite.

 

Carré mandarin (buzi)
Ces carrés d’étoffe brodée figurait sur le vêtement des officiels de la cour - membres de la famille impériale, fonctionnaires civils et militaires ; en usage sont les Ming, ils ont été repris par les Qing. Les fonctionnaires civiles et militaires étaient organisés selon une hiérarchie dont chaque rang était symbolisé par un oiseau, pour les fonctionnaires civils, et par un animal pour les fonctionnaires militaires.
Ainsi les rangs des fonctionnaires civils étaient représentés par : la grue (1er rang), le faisan doré (2e rang), le paon (3e rang), l’oie (4e rang), le faisan argenté (5e rang), l’aigrette (6e rang), le canard mandarin (7e rang), la caille (8e rang), le tchitrec ou monarque de paradis (9e rang). Les musiciens de la cour portaient l’oriole.
Les rangs des fonctionnaires militaires étaient représentés par : le qilin (1er rang), le lion (, 2e rang), le léopard (3e rang), le tigre (4e rang), l’ours (5e rang), le chat tigré (6e rang), le rhinocéros (7e et 8e rang) et l’hippocampe (9e rang).

 

Casette
Les casettes sont des boîtes en argile réfractaire destinées à protéger les céramiques des flammes et des cendres en suspension dans la chambre de cuisson. Elles sont posées sur le sable répandu sur le sol du four et empilées jusqu’à former de véritables murs. L’un des principaux soucis du potier est d’empêcher que la pièce n’adhère à la casette lors de la cuisson, il la dépose donc sur des galettes d’argile ou sur des pernettes.

 

Céladon
Les céladons possèdent une couverte feldspathique, contenant soit du kaolin, soit du baidunze ainsi qu’un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse, permettant d’abaisser le point de fusion à 1200°C. Cette couverte contient de l’oxyde de fer qui confère une teinte verte lorsque la cuisson est menée en réduction.
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Céladon de Longquan
Les céladons de Longquan possèdent une couverte feldspathique contenant du baidunze ainsi qu’un fondant à base de chaux (carbonate de calcium ) et de potasse, permettant d’abaisser le point de fusion à 1200°C. Lisse et onctueuse, cette couverte cuite en réduction présente un aspect bleu-vert dû à la présence d’oxyde de fer. Le point de fusion étant relativement bas, la cuisson se déroule environ à 1250°C, soit en deçà de la température normale de maturité située à 1300°C. En conséquence les bulles d’air restent prisonnières dans la couverte, laquelle acquiert un aspect onctueux et opaque proche du jade.
Superposées en 3 à 4 couches indépendantes, les couvertes de Longquan sont très épaisses et peuvent atteindre 1 mm. La première couche était apposée sur le corps séché, puis la pièce était passée au four à 800-900°C. Les autres couches sont ensuite ajoutées avec une phase de séchage intermédiaire entre chaque passage au four à 1250°C. Les céladons de Longquan prirent leur essor au Xie siècle. Ils connurent un grand succès sous les règnes de Song du Sud (1127-1279) et des Yuan (1279-1368). Leur production cessa au XVe siècle.
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Céladon de Yaozhou
Les céladons de Yaozhou sont revêtus une couverte feldspathique, contenant du baidunze ainsi qu’un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse, permettant d’abaisser le point de fusion à 1200°C. Cette couverte est épaisse, transparente et vitrifiée. Comme tous les revêtements céladon, elle contient de l’oxyde de fer qui lui confère une teinte verte lorsque la cuisson est menée en réduction. Elle contient également des impuretés de titane responsables de cette teinte "vert-olive" caractéristique. Le kaolin contenu dans le corps des céladons de Yaozhou, à l’instar de toute céramique du Nord, nécessite une cuisson à température aussi élevée que celle de la couverte. Par conséquent, les couvertes de Yaozhou sont portées à leur température de maturité, à 1300°C. Toutes les bulles sont alors chassées de la couverte qui devient transparente.
Les céladons de Yaozhou présentent fréquemment un décor d’incisions en "v" pratiquées dans le corps de la pièce, atteignant parfois jusqu’à 5 mm de profondeur. Les couvertes de Yaozhou prirent leur essor au Xe siècle sous le règne de la dynastie des Song du Nord (960-1127). Leur production s’étendit jusqu’au début du XIVe siècle.
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Céladon et biscuit
Le corps de la pièce est partiellement revêtu de couverte céladon. Sur les surfaces verticales, les zones laissées en biscuit ont été protégées des coulures du revêtement par de la cire. Cette dernière s’est évaporée durant la cuisson.
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Céladon genre ge
Les couvertes de type ge sont proches en composition et en apparence des guan. Cependant, l’identification des ge est quelque peu sujette à caution. En effet, les textes anciens mentionnent ces céramiques comme figurant parmi les plus prisées, mais ne donnent que relativement peu de précisions quant à leur aspect. Les recherches sur le sujet, encore aujourd’hui, ne permettent pas d’être catégorique. Toutefois, il est d’usage d’attribuer la dénomination ge aux pièces présentant des craquelures brunes et jaunes s’étalant en une résille relativement serrée, sur un fond jaunâtre riz brûlé.
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Céladon genre guan
Ce type de couverte présente une épaisseur importante comparée à celle du corps et sa surface se caractérise par un important réseau de craquelures jaunes et brunes. Sa couleur varie du bleu au bleu-gris en passant par le gris-vert et résulte de la présence d’oxyde de fer dans la couverte. Une petite quantité de titane est responsable de sa teinte jaune. Ce revêtement est également composé de silice mêlée à un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse. La forte présence de fondant permet d’abaisser la température de cuisson et d’obtenir cet aspect de pierre douce semi-opaque lorsque la couverte est cuite à 1250°C. L’épaisseur de la couverte résulte de la superposition de nombreuses couches appliquées et séparées chacune d’une cuisson à 800-900°C, avant la cuisson finale à haute température. Ces différentes couches ne se fondent pas toujours totalement entre elles, et développent souvent leur propre réseau de craquelures qui accroissent l’impression de profondeur dans la couverte. La cuisson se déroule soit en oxydation ou en réduction. Cuits en oxydation, les guan prennent une teinte jaune-brun dite "riz brûlé". En réduction, ils tirent plutôt vers le bleu.
Les craquelures se forment lors du refroidissement du four, à 300°C. Elles résultent de la différence du coefficient de rétractation entre la couverte et le corps de la pièce. La couverte se rétractant davantage, elle doit se craqueler pour continuer à ad
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Céladon marbré
Cette couverte feldspathique présente par endroit de fortes concentrations d’oxyde de fer, qui malgré à cuisson en réduction et menée à forte température, donnent une couleur brune. Ces tâches très nuageuses se détachent sur le fond bleu-vert et présentent un aspect proche des veines du marbre.
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Céladon rehaussé d’or
L’émail or est peint sur une couverte céladon après une première cuisson à 1250°C. La pièce subit une seconde cuisson à 700-750°C.
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Cerf, biche
Fort de sa réputation de longévité, le cerf est souvent représenté avec le dieu Shouxing (Shoulao). C’est également le seul animal à pouvoir trouver le champignon lingzhi. Il personnalise aussi la douceur, les honneurs, de larges émoluments et l’avancement officiel, volontiers employé à ce titre dans des décors associé aux fonctionnaires (voir "Daim").

 

Chao Fu et Xu You
L’empereur Yao (c.2357-2256 av. notre ère) était venu demander à Xu You de renier l’ancien empereur pour le servir. Xu You lui opposa un refus complet et alla se laver les oreilles dans la rivière, pour les purifier de ce qu’elles avaient entendu. Ceci, au grand dam de son ami Chao Fu qui reprocha à Xu You de salir la rivière où se désaltéraient ses buffles et les conduisit ailleurs.

 

Chat
Animal protecteur face aux lutins, il est aussi le défenseur des vers à soie car il mange les rats qui les menacent. Nyctalope, il possède en outre le pouvoir de mettre en fuite les mauvais esprits. D’après les légendes, le chat a neuf vies. Homophone de mao, octogénaire ou nonagénaire, le chat en est le symbole. Il peut être associé avec le papillon (die, homophone de die, octogénaire ou septagénaire) et la pivoine pour former un souhait de longévité et d’honneurs pour les personnes âgées.

 

Chauve-souris
Homophone du mot bonheur (fu), elle en est l’une des allégories ainsi qu’un symbole important de la mythologie chinoise. Elle passe pour se nourrir de stalactites et vivre plus de mille ans, conférant ainsi la longévité à l’homme qui la mangera.

 

Chauve-souris rouge
Le rouge, hong, est homophone de hong grand. La chauve-souris (fu) étant homophone de bonheur, la chauve-souris rouge (hong fu) est donc homophone en chinois de grand bonheur. Représenté parmi les nuages, ce motif signifie "les bonheurs s’amoncèlent jusqu’au ciel" (hong fu qi tian).

 

Cinq chauves-souris (wu fu)
La chauve-souris (fu) étant homophone "bonheur", ce décor à rébus évoque les cinq bénédictions ou cinq bonheurs cités dans le Shujing ("Classique des documents") : la longévité, la prospérité, la santé, l’amour de la vertu (rectitude morale) et la mort bienheureuse.

 

Cheval
Le septième signe du zodiaque chinois. Souvent représenté de façon figurative comme monture sur certaines scènes de roman ou de bataille, il intervient également dans certains décors à rébus. Ainsi, un cheval sur lequel est juché un singe survolé d’une abeille compose le décor signifiant par rébus "puissiez-vous immédiatement devenir marquis" (ma sheng feng hou) (Voir "Puissiez-vous être promu"), ma shang signifiant à la fois "à cheval" et "immédiatement".

 

Cheval marin
Animal fantastique souvent associé dans la première moitié du XVe siècle à d’autres animaux marins afin d’évoquer la puissance maritime de la Chine, alors première flotte mondiale ; on le retrouve notamment dans le motif des "huit monstres marins". Il peut aussi appraître dans des décors inspirés de la mythologie occidentale sur des pièces destinées à l’exportation.

 

Chèvre
Huitième signe du zodiaque chinois.

 

Chien
Le onzième signe du zodiaque chinois.

 

Chrysanthème
Fleurissant en automne, le chrysanthème symbolise persévérance et vertu. Il est fréquemment considéré comme l’un des symboles du lettré. Son association (anchun juhua) avec la caille (anchun) dans le thème décoratif "fleurs et oiseaux" transcrit de façon imagée l’expression "mener une vie paisible et prospère" (anju leye) et correspond à l’automne dans les "fleurs et oiseaux des quatre saisons".

 

Cigogne
Symbole associé à la longévité, la cigogne sert de messagère aux génies.

 

Cinq poisons (wudu)
Ce décor associe cinq animaux venimeux : le crapaud, le scorpion, le scolopendre, le serpent et le gecko. L’élixir composé de leur venin était appelé wudu ("cinq poisons"). Lors de la fête du Dragon, on avait coutume de faire porter aux enfants des vêtements ornés de ce motif ou de le suspendre aux murs des maisons afin d’éloigner les influences pernicieuses.

 

Cinq poissons (wu yu)
Ce décor associant cinq poissons évoque les cinq désirs : richesse, renom, sensualité, bonne chère et sommeil.

 

Cinq relations humaines (wu lun tu)
Ce décor illustrant les "cinq principales relations humaines", également appelé "relations ordonnées" (lu xu tu), est composé de cinq paires d’oiseaux symbolisant chacune une relation adéquate : les phénix symbolisent la relation unissant un monarque et ses sujets ; les grues, un père et son fils ; les canards mandarins, deux époux ; les bergeronnettes (hoche-queue), des frères ; enfin les loriots, des amis.

 

Cinq sages
(Taoïsme) - Selon la légende, les cinq sages seraient descendus du ciel avec deux phénix pour annoncer la naissance de Confucius ; ils sont souvent représentés en train de disserter sur une peinture figurant le digramme du Taiji (fondement originel de l’univers).

 

Citron digité (main du Buddha)
Le Citrus medica ou citron digité possède une forte odeur. Il constitue généralement une offrande présentée dans des bols en porcelaine devant l’autel du dieu domestique à l’occasion des sacrifices rituels ou des festivités du Nouvel an. Par sa forme rappelant les mains du Buddha, le fruit revêt une connotation bouddhique. Il est également un symbole de richesse car il peut s’apparenter à une main cupide.

 

Cloche
Le son des cloches sacrées était censé effrayer les esprits mauvais. La cloche est associée à l’idée de respect et de vénération.
On trouve dans la Chine ancienne de nombreuses légendes de cloches pouvant se déplacer dans les airs. La cloche peut aussi être associée à une ascension dans la hiérarchie des fonctionnaires.

 

Coq
Le coq incarne en Chine un oiseau de bon augure. Son nom (ji) est homophone de "faste" et il symbolise les cinq vertus : la vertu civile (wen) par sa crête qui évoque la coiffe mandarinale, la vertu militaire (wu) par ses ergots, la bravoure (yong) par son ardeur combattive, l’humanité (ren) car il partage avec ses congénères et les appelle lorsqu’il trouve de la nourriture et enfin la constance (xin) par son chant matinal. C’est aussi le dixième signe du zodiaque chinois.

 

Coquillage
Il peut être associé à la symbolique de la conque, constituant l’un des "huit emblèmes bouddhiques" et représentant la vois du Bouddha.

 

Corail
Emblème de longévité et d’avancement officiel, il fait partie des "trésors variés" et des "huit emblèmes de la richesse".

 

Corbeille de fleurs
(Taoïsme) - La corbeille de fleurs est l’attibut de l’immortel Lan Caihe et le représente à ce titre dans le décor des "huit emblèmes taoïstes" ou "huit immortels cachés" (an ba xian). C’est aussi l’un des attribut de Magu, Immortelle de l’entourage de Xi Wangmu.

 

Corme de rhinocéros
Une paire de cornes de rhinocéros symbolise le bonheur. Constituant l’un des "Huit objets précieux", elles étaient utilisées lors des festins, car elles avaient la faculté de détecter les poisons.

 

Couleurs
Les couleurs sont symbole de rang social, de vertus ou de vices, de joies ou de peines.

 

Coupe à haut pied (gao zu bei)
Composée d’une coupe ou d’un bol monté qur un haut pied cylindrique ou tronconique, cette forme devient populaire à partir des Yuan (1279-1368). Elle était utilisée pour servir de l’alcool ou des fruits. Elle fut ensuite reprise sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911).

 

Coupe en forme de feuille de lotus
Ce type de coupe reprenant la forme d’une feuille de lotus, est agrémentée d’une tige creuse premettant d’en aspirer son contenu.

 

Coupe jue
Ce type de coupe de style archaïque prend place sur l’autel des temples. En porcelaine, ces pièces apparaissent sous les règnes de Yongle (1403-24) et de Xuande (1426-35).

 

Courges
Les courges, cucurbitacées, calebasses et gourdes sont toujours associées aux thèmes de l’abondance et de la descendance. Elles interviennent à ce titre dans de nombreux décor symboliques ou à rébus. Particulièrement représentée, la "gourde double" (lagenaria siceraria) possède une iconographie spécifique (voir "gourde double").

 

Courges et papillons
Décor à rébus associant les courges ou les melons gua au papillon die (homophone de petite courge) pour former le voeu gua die mian mian signifiant "continuité d’une descendance nombreuse".

 

Couverte
Les couvertes revêtent les grès et les porcelaines, elles subissent une température de cuisson minimum de 1200°C pouvant aller jusqu’à plus de 1300°C selon les cas. Elles sont en général classifiées en fonction du type de fondant utilisé, calcium seul ou calcium et potasse. Il est important de les distinguer des glaçures, qui revêtent les terres-cuites et subissent une température de cuisson plus faible. Les couvertes peuvent être transparentes, opaques, brillantes, satinées ou mates et receler des coloris variés. Elles consistent essentiellement en un revêtement vitreux, obtenu avec les mêmes composantes que le corps de la pièce, mais avec une proportion plus forte de fondant permettant d’en abaisser le point de fusion et d’en assurer la transparence. Ces similitudes de composition impliquent que la couverte et le corps s’associent étroitement et définitivement. Les couvertes permettent en outre de cuire le corps et son revêtement en même temps, sans devoir intercaler une cuisson de "biscuit".

 

Couverte blanc bleuté qingbai
Cette couverte est essentiellement composée à 65% de baidunze et à 35% d’un mélange à base de chaux (carbonate de calcium) et d’alumine. Riche en fondant, la couverte est très fluide. En outre, sa teneur en oxyde de fer lui confère cette douce tonalité bleutée révélée lors de la cuisson en réduction. Celle-ci se déroule aux alentours de 1220-1260°C. Les premiers blanc bleuté qingbai apparurent sous la dynastie des Song du Nord (960-1127).
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Couverte de Dehua
La couverte des porcelaines de Dehua, comme leur corps, est composée de baidunze pur. Cette matière possède la particularité de receler une forte proportion de potasse (7%, le double de la proportion présente dans les porcelaines de Jingdezhen), permettant d’obtenir une température de maturité aux environs de 1280°C, ainsi qu’une transparence exceptionnelle. Cette composante permet en outre de réduire la quantité de fondant à base de chaux (carbonate de calcium).
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Couverte blanche opaque
Au début du XVIIIe siècle a été inventée à Jingdezhen une couverte blanche opaque pour les porcelaines. Les émaux posés sur cette couverte ont davantage d’éclat que ceux posés sur couverte transparente. Cette couverte est composée de baidunze finement broyé et de kaolin en proportion plus importante que dans les couvertes transparentes des porcelaines : 5% de chaux (carbonate de calcium) agissant comme fondant, et 7% de potasse. Lors de la cuisson, entre 1300°C et 1350°C, la faible quantité de fondant contenu dans la couverte ne permet pas de fondre la silice, qui acquiert cette opacité.

 

Couverte blanchâtre "couleur de lune"
La teinte blanchâtre "couleur de lune" caractérise un type de couverte proche de celui des céladons mais avec une plus faible teneur en alumine. Cette composition induit l’effet suivant : lors du refroidissement progressif de la pièce dans le four, après que la couverte a accédé à un état liquide homogène, celle-ci se solidifie progressivement et se sépare en plusieurs strates présentant chacune un taux de liquéfaction différent. A l’intérieur sont emprisonnées de minuscules particules solides qui ne reflètent que la lumière blanche. Cet effet peut-être comparé aux couvertes jun, dont les particules plus fines ne reflètent que la lumière bleue.

 

Couverte blanche du Nord
Les couvertes blanches du Nord sont très vitrifiées, elles revêtent un corps de grès porcelaineux riche en kaolin. La blancheur imparfaite du corps nécessite la présence d’un engobe blanc sous la couverte. Elles sont cuites à 1200-1250°C. Les couvertes blanches du Nord constituent les premiers efforts des potiers chinois en quête d’un revêtement blanc pouvant rivaliser avec le jade et l’argent. Elles seront produites entre le VIe et le IXe siècle avant que soit mise au point la première véritable porcelaine.
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Couverte bleu de cobalt
Cette couverte reprend la composition des revêtements transparents des porcelaines classiques, mais on y mêle du cobalt en plus ou moins forte proportion selon l’intensité de la couleur désirée. Cette préparation est ensuite appliquée sur le corps de la pièce, le plus souvent par trempage ou pulvérisation. L’ensemble est cuit à 1300-1350°C.
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Couverte bleutée (jun)
La couverte des jun, bleue aux effets nuageux, d’une profondeur opalescente, assez épaisse, est cuite entre 1250 et 1300°C. Elle est composée à 70% de silice, à moins de 10% d’alumine et d’un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) ainsi que de potasse. La couleur des jun résulte d’un effet d’optique dû à un phénomène physique. Si ces revêtements sont assez semblables à ceux des céladons classiques, leur teneur inférieure en alumine est responsable de l’effet suivant : lors du refroidissement progressif de la pièce dans le four, après que la température maximum a été atteinte et que la couverte a accédé à un état liquide homogène, la couverte se solidifie progressivement et se sépare en plusieurs strates présentant un taux de liquéfaction différent. Celles-ci emprisonnent de minuscules particules solides d’environ 0,08 µm de diamètre ne reflétant que la lumière bleue. Cet effet est renforcé par une couche blanche qui se forme à la jonction du corps et de la couverte durant le refroidissement et qui renvoie la lumière. Les couvertes jun sont souvent ornées de taches pourpres obtenues grâce à l’ajout d’oxyde de cuivre soufflé sur la couverte. Les jun sont produits du XIe au début du XVe siècle. Ils seront ensuite imités par les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911).
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Couverte brune
Cette couverte réemploie la composition de la couverte de porcelaine transparente classique à laquelle est mélangé de l’oxyde de fer. Elle subit une cuisson en oxydation aux alentours de 1300°C.
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Couverte brun-noir de Jingdezhen
La couverte brun-noir réemploie la couverte de porcelaine transparente classique, cuite à environ 1280°C (en dessous de la température de maturation qui se situe à 1300-1350°C), à laquelle est mélangé de l’oxyde de fer. Elle subit une cuisson oxydante permettant de révéler cette couleur chaude.
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Couverte brun-rouge
La couleur rouge opaque de cette couverte provient de l’association de l’oxyde de fer et d’une préparation à forte teneur en alumine ainsi qu’en silice avec une assez faible quantité de fondant à base de calcium. Ce mélange favorise la formation de cristaux à la surface pour produire cet aspect proche du laque. La cuisson se déroule en oxydation aux alentours de 1250°C. Ce type de couverte apparaît sous la dynastie des Song du Nord (960-1127) et sa production se poursuit sous les Jin (1127-1234). Il connaît un renouveau à Jingdezhen à partir du XVIIIe siècle.
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Couverte "café au lait"
La couverte "café au lait" réemploie la composition de la couverte de porcelaine transparente classique, à laquelle est mélangé de l’oxyde de fer ; elle est cuite en oxydation à environ 1280°C (au-dessous de la température de maturation qui se situe à 1300-1350°C).
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Couverte de Dingyao
Les couvertes de Dingyao appartiennent à une catégorie particulière, riche en kaolinite, pauvre en fer, à laquelle est adjoint un fondant à base de magnésium et de calcium. La présence du magnésium empêche la formation de craquelures, mais il confère une onctuosité ainsi qu’une douce brillance à la surface. Les couvertes de Dingyao contiennent une petite quantité de titane et d’oxyde de fer qui, après une cuisson en réduction leur donnent une teinte ivoire. Ces revêtements sont appliqués sur les pièces par immersion. La cuisson se déroule à une température environnant les 1300°C. Ces couvertes furent mises au point au milieu du Xe siècle et perdurèrent jusqu’à la fin du XIIIe siècle.
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Couverte "fourrure de lièvre" de Jian
Cette couverte feldspathique, contient un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse, et recèle une grande quantité de fer (6%). Cette quantité excède ce qui peut être dissous dans une couverte de ce type, le surplus reste donc en suspension dans la couverte. Les particules d’oxyde de fer en excès sont emmenées par les bulles d’air qui viennent éclater à la surface et forment des points d’oxyde de fer qui se ségréguent du reste de la couverte pour former des tâches qui sous l’effet de la gravité coulent le long des parois. Cet effet nécessite une cuisson à 1300-1330°C. Ce type de couverte est employé sous les Song (960-1279).
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Couverte "poussière de thé"
Ce type de couverte se caractérise par un aspect légèrement verdâtre parsemé de minuscules points vert foncé. Les seules analyses menées sur les "poussière de thé" des Qing remontent à 1880, et ont montré qu’il s’agissait d’une couverte transparente de porcelaine classique à laquelle était ajouté environ 16% d’oxyde de fer. Cette quantité excède ce qui peut être dissous dans une couverte de ce type et ce surplus restera donc en suspension dans la couverte avant d’être emporté par les bulles d’air qui éclatent à la surface pour former des points d’oxyde de fer.
La cuisson ne se déroule qu’à 1240°C (en dessous de la phase de maturation de la couverte classique) et en plusieurs phases, la première en réduction, suivie d’une phase de forte oxydation et d’une période de refroidissement assez longue. Originaire des Song (960-1279), cette couverte réapparaît sous le règne de Yongzheng (1723-1735). A l’origine, l’effet "poussière de thé" était produit à partir d’une couverte feldspathique, possédant un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse. Le taux d’oxyde de fer contenu dans ce revêtement n’y était alors que de 6%.
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Couverte rouge de cuivre
Cette couverte reprend la composition de la couverte de porcelaine de Jingdezhen classique, en y mêlant de l’oxyde de cuivre. Ce mélange est appliqué sur le corps le plus souvent par immersion. L’ensemble est ensuite cuit à 1300-1350°C en réduction. La couverte doit être assez fluide, mais pas trop afin que les particules de cuivre ne remontent pas à la surface où elles seraient carbonisées. Un temps de cuisson trop long ou une température trop élevée peuvent fluidifier la couverte à outrance et avoir de funestes conséquences sur la couleur qui virera alors au gris. Observée en coupe, on s’aperçoit que les particules de cuivre sont enfermées entre deux couches transparentes, l’une à la surface et l’autre en contact avec le corps. D’autres revêtements uniformes au rouge de cuivre résultent d’un soufflage du pigment coloré sur le corps nu de la pièce, au moyen d’un tube de bambou à l’extrémité duquel est fixée une gaze. La pièce est ensuite revêtue d’une couverte transparente.
Les premiers monochromes rouge de cuivre sous couverte apparaissent à la fin du XIVe siècle, ils sont produits jusqu’à la fin du XVe siècle, mais leur production tombe en désuétude au cours du XVIe siècle. Après de timides essais au cours du XVIIe siècle, les monochromes rouges réapparaissent pleinement sous le règne de la dynastie Qing, à la jonction des XVIIe et XVIIIe siècles.
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Couverte rouille de fer
Les couvertes rouille cuites à 1270°C comportent une forte proportion d’oxyde de fer (près de 16%). Elles sont d’abord cuites en réduction puis en oxydation. L’excès de fer se cristallise à la surface durant le refroidissement qui se déroule en oxydation et prend cette teinte rouille. Cette technique apparaît à Jingdezhen au XVIIIe siècle.
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Couverte ru (Qing)
Le revêtement imitant les céladons ru sous les Qing est assez épais. Il s’agit d’une couverte feldspathique utilisant un fondant à base de chaux, contenant de l’oxyde de fer ainsi qu’une assez faible quantité de titane, apposée en plusieurs couches successives sur le corps. La cuisson en réduction parfaite permet l’obtention d’une teinte vert bleuté parfois nuancées de pourpre en raison d’une infime quantité d’oxyde de cuivre dans la couverte. La cuisson se déroule à température assez basse, vers 1200-1250°C. L’une des caractéristiques visuelles des ru est le fin réseau de craquelures qui parcourt sa surface. L’origine des ru remonte au début du XIIe siècle, en Chine du Nord et leur production ne s’étalera pas au-delà de l’an 1127. Depuis, ils exercent une fascination particulière sur les collectionneurs et furent l’objet de nombreuses imitations, sous les règnes de Yongzheng (1726-1735) et de Qianlong (1736-1795).
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Couverte "taches d’huile"
Cette couverte feldspathique, possède un fondant à base de chaux (carbonate de calcium) et de potasse et recèle une grande quantité de fer, environ 6%. Cette quantité excède ce qui peut être dissous dans une couverte de cette nature. Par conséquent ce surplus reste en suspension dans la couverte. Durant la cuisson, il est emmené par les bulles d’air qui remontent à la surface et forment de minuscules points bruns envahissant l’épiderme et appelés "poussière de thé". En poussant la cuisson plus avant, l’excès de fer se ségrégue davantage du reste de la couverte pour former l’effet "taches d’huile", nécessitant une cuisson à 1300°C. Ce type de couverte est employé sous les Song (960-1279) mais connaîtra des imitations sous les Qing (1644-1911).

 

Couverte transparente
La couverte des porcelaines est composée à 65% de baidunze finement broyé et à 8% de chaux (carbonate de calcium) utilisé en tant que fondant, mélangé à de la cendre de fougère. Lors de la cuisson qui a lieu entre 1300°C et 1350°C, la couverte et le corps, tous deux composés de feldspath, s’associent étroitement et forment une céramique dure et solide. Très riche en fondant, ce revêtement se vitrifie au cours de la cuisson et devient totalement transparent.
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Couverte "vert de crabe"
Cette couverte, riche en oxyde de fer, résulte d’une cuisson à haute température, menée dans un premier temps en réduction, puis en oxydation au cours du refroidissement, afin d’obtenir cette teinte verte aux nuances brunes.
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Crabe
Symbole bénéfique par homophonie entre le mot désignant la carapace des crustacés et le caractère jia, signifiant "premier lauréat, champion". Deux crabes, ou un crabe associé avec une crevette parmi les roseaux, transcrivent l’expression "Er jia chuan lu" (Ayant deux premiers lauréats du concours impérial dans la famille).

 

Crapaud à trois pattes
(Taoïsme) - Animal fantastique symbole de richesse et lié à Liu Hai. Une légende ancienne le liait également à la Lune : lorsqu’une éclipse se produisait, on disait qu’il avait avalé la Lune.

 

Crevette
Symbole bénéfique par homophonie entre le mot désignant la carapace des crustacés et le caractère jia, signifiant "premier lauréat, champion". Une crevette associée à un crabe parmi les roseaux transcrit l’expression "Er jia chuan lu" (Ayant deux premiers lauréats du concours impérial dans la famille).

 

Cuisson en oxydation
La cuisson en atmosphère oxydante est obtenue en permettant une grande arrivée d’air dans la chambre de cuisson. Cette cuisson est nécessaire pour l’obtention de certaines couleurs telles que le vert et bleu turquoise, tous deux à base d’oxyde de cuivre, ou le brun de fer.

 

Cuisson en réduction
La cuisson en atmosphère réductrice est obtenue en fermant la plupart des ventaux de la chambre de cuisson pour réduire au maximum l’arrivée d’oxygène. Il en résulte une production d’hydrogène et de monoxyde de carbone, gaz réducteurs essentiels pour l’obtention de certaines couleurs comme le bleu-vert des couvertes céladon à base d’oxyde de cuivre ou le rouge de cuivre sous couverte.

 

© Réunion des musées nationaux